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Attention! Métiers à risque!

Par Jacqueline Simoneau - Article extrait du magazine Madame

On ne dit pas qu'elles courent après les problèmes. Mais il se trouve qu'elles gagnent leur vie dangereusement. Rencontre avec six femmes qui font régulièrement grimper leur taux d'adrénaline.

Capitaine Michelle Raymond,
Soldate

Elle est officière d'artillerie dans les Forces armées canadiennes. Au mois d'août, elle partira pour six mois en Afghanistan, sa première mission à l'étranger. «Il existe différents postes dans l'artillerie. Moi, j'occupe celui d'officier observateur avancé, c'est-à-dire que je serai sur le terrain avec les troupes engagées dans le combat rapproché. Mon rôle sera notamment de repérer les cibles, de planifier et de coordonner l'application de la puissance de feu, de communiquer ces informations aux officiers d'artillerie trop éloignés pour voir les cibles, et d'observer les effets des tirs. C'est un poste risqué parce qu'on se trouve au coeur de l'action. Le plus grand risque, c'est évidemment de se faire tirer dessus. Il y a aussi celui de passer sur des mines. Mais pour l'instant, je n'ai pas peur. Je suis bien entraînée. Cela devrait me permettre de prendre les bonnes décisions et de bien réagir dans des situations critiques. Presque tous les soldats de retour d'Afghanistan disent que l'équipement nous protège, mais que ce qui nous permet de combattre et de survivre, c'est notre entraînement. On agit par réflexe. On participe aussi à des rencontres avec des psychologues qui nous refilent des conseils et des trucs pour gérer notre stress et apprivoiser la mort. Mes parents savent que je suis volontaire pour cette mission: ils respectent mon choix et m'encouragent. De mon côté, j'ai le sentiment de faire quelque chose de concret pour aider les gens démunis. Ça me motive.»

Carole Guglielminotti,
monteuse d'acier

Entre autres tâches, le monteur d'acier installe et répare des structures en acier qui forment la charpente métallique des immeubles, des ponts et des tours. Le travail est physiquement exigeant et demande souvent de s'exécuter en hauteur, sur des échafaudages étroits, avec de l'équipement lourd. Dans la construction, on considère ce métier à risque élevé. Peu de femmes l'exercent. Carole, elle, le pratique depuis plus de cinq ans. «J'ai étudié en arpentage. C'est toutefois sur les chantiers que j'ai découvert ce métier. J'ai tout de suite su qu'il était fait pour moi. Enfant, j'étais plutôt acrobate. J'ai toujours adoré les hauteurs, qui me procurent une sensation de liberté et de bien-être, de même que le plein air. Les risques? On doit souvent travailler dans des positions inconfortables et précaires, en se forçant et en manoeuvrant à bout de bras. Les maux de dos, les tendons étirés, les entorses sont donc fréquents. Il y a aussi le risque de chuter. On n'est pas non plus à l'abri de la maladresse des autres travailleurs qui peuvent laisser échapper un outil par exemple, ou encore d'un bris mécanique. C'est un métier dangereux mais, heureusement, il se pratique de façon de plus en plus sécuritaire. Au fil des ans, j'ai aussi développé un sixième sens. Quand j'arrive sur un chantier, j'analyse rapidement la structure, la sécurité, les travailleurs, etc. C'est ma façon de réduire les risques. Même si c'est rare, il m'est arrivé d'avoir peur. Une fois, j'ai vraiment eu la frousse. Je travaillais dans une tour. Chaque fois que le grutier monte les matériaux, il doit agir avec une grande précision en les portant jusqu'à nous, parce qu'on est debout sur une poutre étroite et qu'on ne peut pas se déplacer facilement. De plus, en hauteur, les poutres bougent. Or, mon collègue venait de me raconter que, la veille, s'il n'avait pas sauté rapidement sur une autre poutre, les matériaux lui rentraient dedans. Bref, je me trouvais sur une poutre d'un pied de large environ et, quand j'ai vu venir le tas de matériaux vers moi, j'ai complètement figé. Par chance, il n'y a pas eu de conséquences fâcheuses.»

Capitaine Pierrette Plante,
Pompière

Elle est la deuxième femme au Québec à avoir choisi le métier de pompier, qu'elle exerce depuis 17 ans. «J'ai toujours été attirée par les métiers non traditionnels. Adolescente, je travaillais avec mon père dans une station-service. J'étais donc habituée de "dealer" avec des gars. Il reste que le métier lui-même comporte des risques. Par exemple, les structures d'un bâtiment en flammes peuvent s'effondrer, on peut tomber dans un trou, on peut s'électrocuter en touchant un fil électrique - parce que, dans la fumée dense, on ne voit presque rien. On n'est pas à l'abri non plus d'une explosion causée par des gaz toxiques, des matières dangereuses ou une accumulation de fumée dans un endroit restreint où il n'y a pas de circulation d'air. Présentement, je travaille dans un quartier industriel, où il y a beaucoup de matières dangereuses et toxiques. En plus d'avoir à combattre un incendie ici, il faut tenir compte de cette composante. Pour diminuer les risques, on organise des visites de prévention et on établit des plans d'attaque. Car plus on connaît nos bâtiments, plus on peut faire une analyse rapide de la situation, en cas d'incendie, et plus on assure notre sécurité. Ce qui ne nous empêche pas d'avoir peur à l'occasion. Par exemple, il y a quelques années, je me trouvais sur le toit d'un édifice, l'incendie avait pris beaucoup d'ampleur et je sentais le feu rouler en dessous de moi. Tout à coup, je me suis vraiment demandé ce que je faisais là. Émotivement, ça peut être difficile aussi. Je n'ai jamais participé à des sauvetages, mais j'ai fait des évacuations rapides. J'ai aussi secouru des personnes gravement brûlées ou coincées dans des machines industrielles.»


1. Des métiers à risque
2. Des femmes non traditionnelles
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